Les fées se sont penchées sur le berceau de Jessica Springsteen. Belle, elle fait la une des magazines glamour en tant que mannequin. Riche, elle est la fille du légendaire Bruce Springsteen, 120 millions d’albums vendus et pote de Barack Obama. Talentueuse, elle est aussi l’une des meilleures cavalières du monde. La jeune femme, qui fêtera ses 30 ans le 30 décembre prochain, était ce week-end au 60e Concours hippique international (CHI) de Genève, avec trois chevaux, dont le fameux Don Juan van de Donkhoeve, l’étalon avec lequel elle a décroché la médaille d’argent des JO de Tokyo à l’épreuve de saut d’obstacles par équipe en août dernier.
Mais dans le milieu feutré de l’équitation, elle est avant tout Jessica, une cavalière parmi d’autres, qui échauffe tranquillement son cheval, avec les Steve Guerdat et autre Martin Fuchs, dans le paddock d’entraînement de Palexpo. Souple, légère, toute en douceur, elle est concentrée avant l’épreuve. On tente un «Hello! How are you?» au bord de la piste. D’un sourire étincelant, elle lance: «Very well, thanks!» On insiste: a-t-elle reçu nos questions? «Yes, I will answer to them right away», répond-elle avec un sourire «ultra bright» en s’éloignant dans les écuries. Là, elle ne refusera pas que notre photographe, qui s’est hardiment faufilé entre les boxes, fasse quelques images d’elle en train de préparer son cheval. La célébrité, elle sait gérer. «J’ai un ami qui est allé manger avec elle et plusieurs cavaliers, rapporte Corinne Druey, porte-parole du CHI. Toutes les cinq minutes, quelqu’un lui demandait un autographe. Et elle ne répondait jamais non.»
Un côté zen qui lui vient peut-être de son enfance. Ses parents ont opté pour une vie tranquille, loin du bruit et des fans. La fille du Boss a grandi, avec ses deux frères, dans une ferme remplie d’animaux au cœur des paisibles vallons du New Jersey, 150 hectares en bordure de forêt. C’est sa mère, Patti Scialfa, ancienne choriste du groupe de Bruce Springsteen et elle-même cavalière passionnée, qui l’a initiée à l’équitation. Elle a monté son premier poney à 6 ans, découvert le goût de la compétition deux ans plus tard. «Concours après concours», son père, qui est aussi son premier fan, a perçu «l’exigence de l’excellence dans ce sport», a-t-il raconté à CNN. «Des années de travail sont jugées en une ou deux minutes», a-t-il souligné, admiratif.
Jessica vient d’ailleurs de terminer l’épreuve du Prix des communes genevoises. Elle apparaît au petit trot, sourire aux lèvres, flattant l’encolure de sa jument, Volage du Val Henry. Elle a réalisé un impeccable zéro faute. «C’est une cavalière qui a fait énormément de progrès ces deux dernières années, commente Alban Poudret, directeur du CHI. Une grosse bosseuse, qui fait plein de belles choses, une femme très nature, sympa, qui ne se la joue pas du tout star.»
Dimanche, au Rolex Grand Prix, l’une des épreuves les plus difficiles de l’année remportée par le Suisse Martin Fuchs, elle n’a fait qu’une petite faute sur un obstacle particulièrement délicat. «Elle aurait pu finir dans les trois premiers. Jessica a une vraie complicité avec son cheval Don Juan,» relève encore Alban Poudret. Juste après le concours, elle a rejoint la Belgique, où elle s’entraîne dans le cadre des prestigieuses écuries Stephex, et où elle vit désormais «parce que c’est au milieu de tout et pratique pour les compétitions».
A relever que l’amour bat lui aussi au cœur de l’Europe. Il s’appelle Lorenzo De Luca, il est Italien, excellent «jumper». Passera-t-elle les Fêtes en famille dans le New Jersey? La réponse viendra de… New York, via sa représentante médias personnelle. «Sorry, time is too short to answer. Next time, maybe?» «Okay» Jessica, «so long», salutations au Boss et… «Merry Christmas»!