Lorsqu’on relit le roman satirique de Jonathan Swift publié pour la première fois en 1726, on a tout d’abord des relents de bancs d’école. Mais, très vite, on se rend compte de ce qui nous avait échappé enfant: la modernité du propos. Pour la faire courte, Lemuel Gulliver, chirurgien de marine, doit se rendre à Bristol mais son navire fait naufrage. Seul survivant, il échoue sur les côtes de Lilliput, un pays peuplé de gens minuscules.
Le roman «Les voyages de Gulliver» est composé de quatre étapes, mais la pièce de Christian Hecq et Valérie Lesort se concentre sur les aventures du héros auprès des personnes minuscules. Et, en plus de la qualité du texte, c’est la prouesse de la scénographie et de la mise en scène du duo Hecq-Lesort qui fait de cette pièce un bijou théâtral. Sur un plateau incliné, seul l’acteur interprétant Gulliver garde sa taille humaine. Les autres petits personnages sont joués par des acteurs dont la tête est encastrée dans un corps de marionnette.
Visuellement, c’est bluffant, extrêmement esthétique et le message de Swift sur la peur des différences et l’aberration des guerres devient limpide grâce à l’adaptation de Valérie Lesort. On en ressort le cœur en joie en se disant que l’absurdité humaine peut donner naissance à des joyaux artistiques.
>> Retrouvez «Le voyage de Gulliver»: 18 et 19 février, Equilibre, place Jean-Tinguely 1, Fribourg, www.equilibre-nuithonie.ch.
Gulliver (David Alexis), attablé avec l’impératrice Cachaça (Valérie Lesort) et l’empereur (Christian Hecq), essaie de comprendre comment fonctionne Lilliput.
DRPar Laurence Desbordes publié le 15 février 2022 - 13:46